Les questions clés que soulève le développement de méthodes rapides d’évaluation environnementale

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David K. Rowe et ses collègues du National Institute of Water and Atmospheric Research de Nouvelle Zélande ont développé une méthode d’évaluation rapide de l’état écologique des cours d’eau. La présentation de leur méthode s’accompagne d’une description des étapes clé du développement de la méthode et des difficultés rencontrées. Les points clés sont résumés ci-dessous :

  • Les notes sont en général donnés par rapport à des états de référence (ou au moins “le meilleur état envisageable”). C’est très utile pour s’assurer que tous les évaluateurs partagent la même référence dans leur évaluation. Le choix de sites de référence reste néanmoins délicat, en particulier si l’évaluation porte non pas sur l’écosystème vu comme un tout mais sur des “fonctions” évaluées séparément. Rowe et al. (2009) ont soulevé le cas de ruisseaux artificiels qui remplissent certaines fonctions mieux que les ruisseaux de référence. Ils considèrent alors que cette sur-performance doit être ignorée et que la note la plus haute doit être donnée.
  • La sélection des variables est bien sur une étape clé. Elle suppose une compréhension du système évalué ou des principales variables motrices de son état, et donc un modèle au moins conceptuel de l’écosystème. Le modèle conceptuel peut être testé avec des données de terrain. La méthode DERAP du Delaware a par exemple été construite à travers une régression multiple d’une évaluation indépendante de 250 zones humides avec des variables faciles à mesurer caractérisant les “agents perturbants” (stressors) qui pourrait modifier le bon état de la zone humide.
  • Le développement d’algorithmes permettant de combiner plusieurs variables en une note unique est souvent un point très débattu des méthodes rapides (voir par ex. McCarthy et al. 2004). Les algorithmes peuvent être testé sur les résultats obtenus par des méthodes éprouvées (mais plus complexes, longues, couteuses…) ou sur l’avis d’experts, dans des sites de référence. On peut aussi envisager de tester la méthode sur des données détaillées comme dans la méthode DERAP mentionnée ci-dessus.
  • La redondance des variables est inévitable étant donné les interdépendances entre la plupart des processus écologiques. Par ailleurs, la redondance contribue à la robustesse vis à vis des biais d’utilisateurs. La méthode UMAM de Floride est un bon exemple d’une méthode basée sur l’avis d’expert mais qui éclaire celui-ci avec des paramètres clé à considérer dans l’évaluation. Ceux-ci sont très redondants afin de limiter la subjectivité de l’évaluation. On notera que la robustesse de la méthode peut aussi être évaluée par des analyses de sensibilité (c’est ce qu’on fait Rowe et ses collègues).
  • Une foi la méthode aboutie, elle doit être continuellement améliorée par l’organisation d’une procédure de retour d’expérience de la part de tous les utilisateurs de la méthode.
  • L’équipe qui a développé la méthode rapide californienne (CRAM) ont également publié des recommandations pour développer des méthodes similaires (pdf disponible ici). Elle offre une approche plus formalisée, et découpée, des étapes à suivre mais reprend certains des points soulevés par Rowe et al. (2009).

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