Le débat sur les métriques: qui veut de l’habitat pour hérons dans la quarantaine qui n’aiment pas les crevettes?

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Dès que les discussions sur la compensation écologique deviennent techniques, elles portent soient sur les montages financiers et institutionnels, soit sur la justification de l’équivalence écologique entre ce qui est perdu suite aux impacts, et ce que pourrait générer la ou les mesures compensatoires en échange. Il s’agit bien de décider quoi et comment on va mesurer pertes et gains, d’où le débat sur les métriques.

Dans son blog, Morgan Robertson nous présente ça comme un “paradoxe”.

I’ve been thinking about this for a long time — in fact it seems like everything I’ve ever written boils down to “defining environmental commodities is HARD because ecology is complex and commodities need to be abstract”.

Le paradoxe, c’est que les métriques doivent trouver un équilibre entre la précision écologique, et la fluidité des échanges nécessaires à la compensation.

Trop de précision (c’est l’exemple de l’habitat for middle-aged great blue herons who don’t like shrimp que Roberton a présenté dans son article de 2004) reflétera mieux les complexité écologiques, mais surtout le caractère unique d’un site évalué (à un endroit donné et à un moment donné) mais rendrait tout échange impossible. A l’autre extrême, une métrique comme la surface de tel ou tel habitat défini grossièrement (zone humide, prairie, forêt, etc.) serait bien plus fongible, mais quel poserait la pertinence écologique de l’échange.

Tous ceux qui travaillent au développement de méthodes d’évaluation de l’équivalence écologique dans le cadre de la compensation ou qui ont à la justifier dans la conception de démarches compensatoires doivent garder ce paradoxe à l’esprit.

Il est intéressant de voir que sur cette question, la France et la Grande Bretagne ont fait des choix diamétralement opposés. On en reparlera plus tard…

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