Archive for the ‘Europe’ Category

La réglementation forestière en négotiation

Friday, June 17th, 2011

Les discussions sur une politique européenne de la forêt s’accélèrent suite à la réunion à Oslo des ministères concernés.

Il n’y a pas de législation européenne spécifique concernant la forêt comme il y en a pour l’agriculture, les milieux aquatiques et marins ou les habitats naturels. A Oslo, les négociations ont maintenant débuté pour mettre en place des dispositions contraignantes pour les modalités de gestion des forêts européennes (voir aussi le Journal de l’Environnement de cette semaine). C’est un dossier à suivre…

On pourra se mettre à jour sur la réglementation forestière en vigueur en France en regardant les fiches de synthèse intéressantes sur le site web du projet FORGECO.

La compensation écologique en Grande Bretagne

Wednesday, June 8th, 2011

Le white paper du gouvernement britannique sur la “valeur de la nature” vient de paraitre (pdf ici).

La compensation y est mentionnée comme une bonne idée à tester de façon volontaire par les aménageurs. Il n’y aurait donc pas de généralisation de la séquence “Éviter – Réduire – Compenser” au delà de ce qu’imposent les directives européennes.

We will establish a new, voluntary approach to biodiversity offsets and test our approach in pilot areas

A part ça, il vont aussi désigner des zones à restaurer (nature improvement areas – à mettre en relation avec les objectifs affichés par la récente stratégie européenne de la biodiversité) et se lancer dans la création d’une trame verte (ecological network).

L’écologisation de la PAC

Thursday, December 30th, 2010

La politique agricole commune européenne (PAC*) va bientôt être réformée. La commission européenne a déjà listé quelques propositions, résumées ici et expliquées là (pdf).

Dans un contexte général de baisse des soutiens à l’agriculture, la commission européenne a esquissé trois scénarios de réforme, combinant des paiements directs, des mesures de marché et des mesures visant le développement rural. Dans tous les cas, les paiements directs seraient (totalement ou en partie) justifiés par la production (par les agriculteurs) de “biens publics environnementaux” (associée à une plus forte conditionnalité environnementale d’autres aides). C’est l’écologisation de la PAC !

Christian Deverre et Christine de Sainte Marie ont analysé cette évolution dans un très bon article sur l’écologisation des politiques agricoles. Bien qu’ils se réfèrent beaucoup à la politique agricole suisse, leur éclairage est pertinent pour l’Union Européenne.

C. Deverre et C. de Sainte Marie reconnaissent que ce processus d’écologisation est encore naissant et que le secteur agricole est encore fortement structuré par des institutions nées de la modernisation accélérée de l’agriculture pendant les années 1960. Il anticipent cependant deux conséquences importante d’une écologisation de plus en plus poussée des politiques agricoles:

  • La nécessité croissante d’une caractérisation fine des bien publics environnementaux que procurent les activités agricoles. Le concept de service écologique est tout désigné pour formaliser cette caractérisation et il trouvera sans doute une place cél dans la formulation de la PAC 2013
  • Le risque d’une “délocalisation” des dégradations environnementales causées par la production agricole réalisée hors UE mais destinée au marché européen (qui serait augmentée du fait que l’écologisation entrainerait une baisse de la production en Europe)
  • La limitation des soustractions et additions à l’environnement n’est-elle pas annulée par le transfert des pressions environnementales sur les pays où le puissant levier financier de l’écologisation n’existe pas ?

    L’Europe s’est engagée à Nagoya à supprimer, réduire ou réformer les incitations économiques défavorables à la biodiversité (dont les subventions). La réforme de la politique agricole commune jouera un rôle centrale dans le respect de ces engagements, que ce soit pour la biodiversité des campagnes européennes qu’à celles de pays fournisseur du marché européen.

    Dans ce contexte, il apparait clairement nécessaire de mieux caractériser les effets du maintien ou de la modification des pratiques agricoles sur les services écologiques que fournissent les agro-écosystèmes, et ce à plusieurs échelles d’analyse : de la parcelle aux régions de productions (y compris au delà des frontières de l’Europe).

    * Pour un petit rappel de l’histoire de la PAC, vous pouvez regarder cette vidéo sur le site de www.iletaitunefoislapac.com.

    Les réserves d’actifs naturels dans Le Monde

    Thursday, March 11th, 2010

    Dans sa série consacrée à la biodiversité, le quotidien français Le Monde a publié un article sur les mécanismes de production, vente et achat de “crédits” de biodiversité. Ces crédits sont nécessaires aux aménageurs quand ceux-ci ont l’obligation de compenser leurs impacts sur la biodiversité (en général pour ne pas engendrer de perte nette de biodiversité en cumulé, à l’échelle d’un pays ou d’une région).

    De même qu’il existe des Bourses du carbone permettant de compenser les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique en achetant des crédits de CO2, les mécanismes imaginés pour protéger la biodiversité visent à réparer l’impact laissé sur les écosystèmes par les grands ouvrages d’aménagement (routes, activité commerciale, industrielle…) en finançant, via l’achat de crédits, des “actifs naturels” protégés. La compensation est en principe la solution ultime une fois que tout a été mis en œuvre pour éviter puis réduire au maximum les dégâts environnementaux.

    L’article cite une récente étude du Ecosystem Market Place qui indique qu’une quarantaine de pays dans le Monde (l’autre) ont introduit de tels mécanismes. C’est le cas de la France, depuis 1976 (et oui!).

    Le recours aux marchés reste encore embryonnaire en Europe. En France, CDC-biodiversité, une filiale de la Caisse des dépôts, a lancé, en mai 2009, un projet pilote sur la plaine de la Crau, la seule steppe rase d’Europe. Les premiers crédits devraient être vendus en avril. Mais, reconnaît Philippe Thievent, l’un des architectes du projet, “l’idée reste encore trop neuve. Si quelques grands maîtres d’ouvrage ont intégré la notion de compensation, la plupart espèrent encore pouvoir y échapper”. L’obligation de compenser est pourtant inscrite dans la loi de 1976 sur la protection de la nature.

    L’article présente très bien la logique de ces réserves d’actifs naturels ou biodiversity banks mais n’explore pas les enjeux de leur développement (quelles méthodes utiliser pour évaluer l’équivalence entre les impacts et les crédits? ; quels risques ? ; …) et la pertinence de l’instrument vis à vis des dispositifs existants.

    Par ailleurs, on notera que le journaliste s’est contenté d’analyser la création de réserves d’actif naturels en anticipation ou en prévision de futurs impacts. Il ne mentionne pas la possibilité de compenser les impacts d’un projet par la mise en œuvre de mesures compensatoires spécifiques, attachées au projet.