Archive for the ‘Gouvernance internationale’ Category

Le TEEB sur TED

Friday, December 30th, 2011

Sur la plateforme TED, Pavan Sukhdev – qui dirige l’initiative TEEB – explique pourquoi nous devons donner une valeur à la nature afin de la gérer de façon durable.

Il finit sa présentation en suggérant qu’on se concentre sur le carbone “vert” et le carbone “bleu”, tels qu’ils ont été défini dans les négociations sur le changement climatique: vert pour le carbone stocké dans les écosystèmes terrestres et bleu pour celui stocké dans les océans.

Pavan Sukhdev nous dit qu’il soutient fortement le mécanisme REDD+ par lequel les pays émetteurs de gaz à effet de serre financent des projets visant à réduire la déforestation ou la dégradation des forets, dans les pays tropicaux. Il y a là beaucoup de synergies potentielles entre la séquestration du carbone et d’autres services écosystémiques (et la biodiversité).

Concernant le carbone océanique, il explique qu’en n’agissant pas assez tôt contre le changement climatique, on a (collectivement) fait le choix de se passer de récifs coralliens. C’est certainement un choix implicite mais cette analyse montre bien qu’il existe des seuils critiques de perte acceptable de notre capital naturel. Ces seuils peuvent être écologiques (extinction d’une espèce) ou sociétaux mais ils déterminent en tout cas les limites de notre future biosphère.

Regards sur les paiements pour services environnementaux

Friday, February 25th, 2011

La Société Française d’Écologie nous offre un nouveau regard sur la biodiversité, sous la plume d’Alain Karsenty : le mécanisme de paiement pour services environnementaux pour la conservation des forêts tropicales.

Après une présentation des bases théorique des mécanismes de paiement pour services environnementaux (PSE), Alain Karsenty revient sur certains des enjeux liés à leur mise en œuvre pratique et à leur généralisation dans les régions forestières tropicales. Il souligne notamment le fait que les PSE puisse conduire à ne considérer la conservation de la nature que du point de vue de ce qu’elle rapporte.

Une généralisation des PSE rendra-t-elle improbable toute action désintéressée de conservation de la nature ?

Nous avions déjà rapporté ici même (en anglais) une interprétation encore plus forte de ce risque : la remise en cause du principe pollueur-payeur et le risque de générer un comportement de demande de rançon : les paiement sont reçus dans un contexte de menace de déforestation. C’est ce qu’esquisse le point soulevé par Alain Karsenty à propos de forêts éligibles à ces mécanismes :

Les économistes recommandent, en général, de ne payer que pour les forêts effectivement menacées de déboisement dans un avenir prévisible. Mais, que ce soit pour le niveau national de la REDD ou le niveau local des PSE, de nombreux acteurs plaident pour une rémunération du stock de carbone, c’est-à-dire pour des paiements correspondant aux forêts sur pied (ce que l’on peut qualifier de logique de rente).

Au sujet des risques que pose le mécanisme de PSE on pourra donc compléter utilement l’aperçu donné par Alain Karsenty par la lecture de l’article de Romain Pirard, Raphaël Billé et Thomas Sembré (disponible aussi ici).

Le succès de Nagoya

Wednesday, December 29th, 2010

Dans une note de synthèse publiée fin novembre, Raphaël Billé, Claudio Chiarolla et Lucien Chabason ont proposé un court bilan de la conférences des signataires de la convention sur la diversité biologique (COP 10), qui s’est tenue à Nagoya en octobre 2010.

Parmi les avancées notables, ils citent certains des objectifs de la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité:

  • La suppression, réduction ou réforme des incitations économiques (dont les subventions) défavorables à la biodiversité
  • La gestion durable des pêcheries
  • La réduction des pollutions par les fertilisants agricoles
  • L’augmentation des surfaces protégées et la restauration d’au moins 15% des surfaces dégradées
  • Ces différents objectifs sont organisés sur la base des causes de perte de biodiversité (sur-exploitation, pollution, perte d’habitat…) telles qu’elles ont été envisagées dans le Millennium Ecosystem Assessment, qui a aussi participé depuis 2003 à diffuser l’idée d’une relation forte entre la biodiversité, le bien-être humain et l’économie, conceptualisée sous le vocable de service écologique ou écosystémique.

    Malgré ces engagements remarquables, les auteurs soulignent l’absence d’instruments concrets à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés par la COP 10.

    Ils citent en exemple la réforme à venir de la Politique Agricole Commune européenne, là où se négociera une grande partie des instruments touchant aux causes de pertes de la biodiversité : pollutions, sur-exploitation, modifications des habitats… (aussi bien en Europe qu’à l’étranger via les effets induits).

    Joyeux Noël au nouveau né : l’IPBES

    Tuesday, December 21st, 2010

    La Plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Écologiques (IPBES) a été lancé officiellement le 21 décembre par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Vous pouvez consulter le communiqué de presse sur le site du PNUE (en anglais).

    C’était pas complétement inattendu…

    Tuesday, December 21st, 2010

    Les mécanismes REDD, récemment renforcés à Cancún, ont posé les bases à une escalade des quantités d’émissions “évitées”. C’est ainsi qu’un premier assaut a été lancé par le directeur général de la convention des nations unis de lutte contre la désertification (UNCCD), Luc Gnacadja.

    Il clame que ralentir la désertification et la dégradation des terres réduit les émissions de dioxyde à partir des stocks de carbone du sol. Un article récent dans The Guardian (un quotidien britannique) lui fait dire que les gens doivent être rémunéré par le marché international du carbone quand ils préservent les couches superficielles du sol.

    people must be paid via global carbon markets for preserving the soil

    C’est pas vraiment surprenant. Étant donné les budgets prévus pour financer la déforestation “évitée”, il y aura sans doute d’autres candidats : les océans, les steppes et prairies, les zones humides ?

    Dans le même genre, en réponse aux craintes générées par REDD quant à ses effets sur la biodiversité, la Banque Mondiale a mis en place un wildlife premium qui rémunère plus les politiques REDD+ qui sont favorables à la faune sauvage.

    Malheureusement, ces primes additionnelles ne concerneraient que des animaux emblématiques tels que les grands mammifères qui ont besoin de grandes surfaces boisées. Ces espèces sont en général protégées.

    Est-ce que la banque va récompenser financièrement les gouvernements qui évitent de détruire l’habitat d’espèces protégées ? Ça laisse songeur…